Pourparlers entre la Russie et les États-Unis L'inquiétude en Ukraine

Ce lundi des représentants des États-Unis et de la Russie se rencontrent à Genève pour discuter de la sécurité en Europe. Une rencontre organisée sur fond d'une menace militaire russe autour de l'Ukraine. La Russie a amassé du matériel et des troupes à ses frontières avec l'Ukraine. Selon les Américains, une offensive impliquant 175.000 pourrait être en préparation.

Gulliver Cragg (KIev, Ukraine) / cbi

Vladimir Putin
Vladimir Poutine en fin décembre 2021. Photo: picture alliance / Russian Look | Kremlin Pool

Un tableau emblématique de l'ambiance en Ukraine en ce moment: ce n'est pas que les gens ne parlent pas de la menace d'une agression russe, mais quelque part on peine à la prendre au sérieux, tant que la vie continue et la saison des fêtes bat son plein, rythmé par les repas copieux, et les jeux de société.

Pourtant, l'inquiétude est là, et les Ukrainiens vont sans doute suivre très attentivement les pourparlers entre la Russie et les États-Unis qui débutent à Genève ce lundi. Le président russe dit ouvertement qu'il pourrait recourir à l'action militaire si ses demandes ne sont pas satisfaites.

Pour Washington lesdites demandes sont insatisfaisables, car elles reviennent à faire reculer l'OTAN d'Europe de l'Est sous menace de violence, et à offrir un veto à Moscou sur la politique étrangère d'états souverains.

Des coûts élevés pour le bluffeur Vladimir Poutine

Comment réconcilier ces deux positions? Et aussi: comment est-ce que Vladimir Poutine peut reculer, s'il n'obtient rien? À un moment donné le bluffeur doit bien passer à l'acte, ne serait-ce que pour donner de la crédibilité à ses bluffs futurs.

De l'autre côté, le coût pour la Russie d'une action militaire d'envergure en Ukraine serait extrêmement élevé - si élevé qu'il paraît presque inimaginable, étant donné que jusque-là le président russe a toujours agi de façon rationnelle.

Ce genre de réflexion aide les Kiéviens à dormir la nuit, mais après reviennent d'autres réflexions, du style: On ne pensait pas non plus que la Russie pourrait annexer la Crimée; elle l'a fait, en 2014. Elle a ensuite fomenté une soi-disante rébellion séparatiste dans l'est du pays, prenant le contrôle de facto d'une partie de la région du Donbass - qui pouvait imaginer, lors de la demi-finale de l'Euro 2012 à Donetsk, que deux ans plus tard cette ville ne serait plus sous le contrôle de Kiev?

Quel est le vrai objectif de Vladimir Poutine?

Juste avant noël une amie journaliste politique ukrainienne dressait un tableau pessimiste: Poutine a enfin compris, disait-elle, que les Ukrainiens ne vont jamais plus élire un gouvernement pro-Russe. Il ne peut pas tolérer d'avoir perdu son influence sur le pays, donc la seule option qui lui reste, c'est la force.

La question ensuite serait de savoir si M. Poutine pense vraiment pouvoir regagner le contrôle de l'Ukraine par la force. Et puis aussi: est-ce que le vrai objet de toutes ces machinations est vraiment le contrôle de l'Ukraine, ou bien, comme le Kremlin le prétend, le domptage de l'OTAN? On peut aisément trouver des tribunes sur internet argumentant avec grande certitude pour chacun de ces positions.

Ce week-end, la même amie avait perdu la froide et cassante logique qu'elle appliquait avant les fêtes, et roulait plutôt au feeling - "je n'y crois plus, qu'ils vont attaquer", a-t-elle dit: "les drames ça n'arrive jamais avec trois mois de préavis, ça arrive soudainement et à l'inattendu, comme pour le Kazakhstan".

Kazakhstan: une bonne ou une mauvaise nouvelle pour l'Ukraine?

Et justement, le Kazakhstan: pour cynique que cela peut paraître les habitants de l'Ukraine ne peuvent pas se demander si la révolte violente, et violemment supprimée, dans cet autre pays post-Soviétique, est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour eux.

D'un côté, peut-être que les Russes seront trop distraits par ce qui se passe à Almaty pour poursuivre leur plan d'attaque - s'ils en ont un - en Ukraine.

De l'autre, peut-être que Poutine sera juste d'autant plus en colère. Le président russe à tendance à réduire tout soulèvement populaire dans l'espace post-soviétique à un complot américain antirusse. S'il le croit vraiment, pourrait-il penser qu'il est d'autant plus urgent d'agir sur le dossier ukrainien?

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