Chronique Attentat contre Charlie-Hebdo: un procès pour l'Histoire

Depuis le mercredi 2 septembre a débuté le procès aux Assises des complices présumés des assassins et cerveaux des attentats de 7, 8 et 9 janvier 2015 qui ont fait 17 morts, dont douze victimes lors de l'attaque, du 7 janvier contre la rédaction de Charlie Hebdo. Ces attentats perpétrés par des terroristes islamistes avait choqué mondialement et déclenchés une vague de solidarité mondiale.

Sofia Aouine (Paris) / cbi

Kommentar Je suis Charlie
Photo: picture alliance / NurPhoto / Michael Bunel

Il a fallu presque cinq longues années d'attente après la tuerie de Charlie Hebdo, pour juger les coupables présumés complices des terroristes qui ont décimés les journalistes de l'hebdomadaire satirique. Presque cinq longues années, où l'esprit "Charlie" a fini par s'émousser au fil des attentats toujours plus violents et fréquents. Les tueries du Bataclan de novembre 2015, de Nice et d'autres toujours plus nombreuses selon le Parquet national antiterroriste. Pour rappel, une demi-douzaine d'entre eux auraient été déjoués ces derniers mois.

Cinq longues années

Il a fallu presque cinq longues années d'attente, pour que l'esprit Charlie, #jesuischarlie s'émousse et devienne un maigre hashtag noyé parmi d'autres colères et révoltes, naissant au gré des drames mondiaux. Presque cinq longues années, pour que ce peuple français unis dans sa différence à l'image de ce magnifique composite qu'est l'Hexagone et qui avait défiler les 10-11 janvier 2015 par millier pour crier "Je suis Charlie", dire non à la barbarie et défendre la liberté d'expression, le droit au blasphème et la caricature, se déchire.

Il a fallu presque cinq longues années pour que la peine nationale commune laisse place à un débat public gangréné par les tensions sociales, le repli identitaire, les querelles religieuses et les théories complotistes.

Cinq longues années pour que la haine gagne du terrain et donne des coups de canif successifs à l'exception française de l'universalisme et la laïcité.

Presque cinq longues années pour penser l'horreur de l'assassinat des 17 victimes à Paris lors des attaques contre la rédaction de Charlie Hebdo, de l'attaque d'une policière municipale à Montrouge et des victimes de l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. Presque cinq longues années à la France, pour enfin regarder son Histoire en face grâce à ce procès. Il aura aussi fallu à certains, quelques secondes à certains pour oublier le nom des victimes.

La découverte de l'horreur

Puis cinq ans après, il aura fallu deux semaines, après l'oubli, pour que le pays redécouvre l'horreur de la machine terroriste, des familles dévastées et la résilience impossible. Oui il faut parler d'Histoire car ce procès est historique, tant par ces chiffres, que par les symboles qui s'y attachent : Les victimes étaient journalistes, des forces de l'ordre ou de confession juive, tués par ce que différents et français, tuer au nom de la barbarie terroriste, des caricatures.

Ce procès spectaculaire est filmé, ouvert au public et attendu par le Monde entier. Le premier procès pour terrorisme de la Nation française, filmé "pour l'Histoire", comme le prévoit la loi du 11 juillet 1985 voulue par Robert Badinter, alors garde des Sceaux.

Ce procès, c'est aussi : quarante-neuf jours pour 200 parties civiles,94 avocats, 114 témoins cités à l'audience, 14 accusés tous présumés coupables de complicité avec les frères Kouachi et Coulibaly.

Ce procès est un exemple pour l'Histoire qu'il nous faudra regarder en face. Pour éviter que cela ne recommence. Pour ne jamais oublier.

Les semaines passées, le témoignage des victimes, les heures filmées, les réactions politiques, les dissensions autour de la question musulmane en France, la republication des caricatures par Charlie Hebdo, la censure par Instagram de deux journaliste de la rédaction, la peur de dire "Je suis Charlie" à nouveau, tout cela ne doit pas faire oublier la priorité ultime de ce procès : empêcher que cela ne recommence et que tout "ça ait eu lieu pour ça".

An der Mediathéik:

Chronik / / Sofia Aouine
Lauschteren

Méi zum Thema

Le Pen & Macron Meenung
Fräie Mikro

"Jo, leider!", äntwert d'Anne Heniqui op d'Fro, déi op der Titelsäit vun der franséischer Satire Zeitung Charlie Hebdo steet. Alles wier besser, wéi eng Presidentin vum rietsradikale Front National.

Programm

Net verpassen

  • Nei Museksemissiounen

    Bigstock / real_content

    Al Schanken: Freides, 21:00

    Mat Groove a Séil: Samschdes, 19:00

    Palatino FM: Samschdes, 21:00

Dossieren

  • AutorInne-Lies

    D'Publikatioun PM 19 10 huet d'Valerija Berdi inspiréiert fir déi akustesch Athmospär fir d'Buch ze liwweren. Hatt huet sech dofir op de Wee gemaacht an eng ganz Rei Andréck bei Autorinnen an Auteuren doheem akustesch agefaangen.

  • #beethoven20

    De Jean Muller gëtt an 32 Episoden en déiwen Abléck an de Kosmos vum Ludwig van Beethoven senge Pianossonaten.

Iwwert eis

De radio 100,7 ass deen eenzegen ëffentlech-rechtleche Radio zu Lëtzebuerg. E proposéiert Programmer op Lëtzebuergesch mat engem Fokus op Informatioun, Kultur, Divertissement a mat Akzent op d’klassesch Musek.

Weider liesen