Fräie Mirko Le flux de travailleurs dans la Grande Région

Le territoire de la Grande Région est celui qui compte le plus grand nombre de travailleurs frontaliers au sein de l'Union européenne. En 2020, la Grande Région a fêté ses 25 ans, ce qui a été l'occasion de regarder de plus près comment ont évolué ces flux de travailleurs ces deux dernières décennies. Marie Feunteun-Schmidt, coordinatrice de l'Observatoire interrégional du marché de l'emploi de la Grande Région nous en parle dans le Fräie Mirko d'aujourd'hui.

Marie Feunteun-Schmidt / tt

Meenung Marie Feunteun-Schmidt
D'Marie Feunteun-Schmidt ass Coordinatrice vum interregionalen Observatoire vum Aarbechtsmaart vun der Groussregioun.

Nous nous trouvons en ce moment dans une phase d'anniversaire de plusieurs organes de la coopération institutionnelle de la Grande Région, l'espace de coopération constitué de la Sarre, de la Rhénanie-Palatinat, de l'ancienne région Lorraine, de la Wallonie et du Luxembourg: en 2020 nous avons fêté ses 25 ans, puisque le Sommet des Exécutifs de cet espace se réunit régulièrement depuis 1995, le Conseil Parlementaire Interrégional vient d'avoir 35 ans, le Comité économique et social de la Grande Région aura 25 ans l'année prochaine.

Nombre de frontaliers à doublé dès 2000

Ces anniversaires sont l'occasion de faire le bilan. La Grande Région existe, car les marchés du travail et les bassins de vie de cet espace sont particulièrement intégrés. En 2019, 250.000 travailleurs ont passé une frontière de cet espace quotidiennement, ou au moins une fois par semaine pour se rendre sur leur lieu de travail. En l'an 2000 ils étaient un peu plus de 125.000.

Le calcul est vite fait. En l'espace de vingt ans, leur nombre a donc doublé. Il est intéressant de regarder comment la structure de ces flux de frontaliers a évolué au fil des années. Au Luxembourg, jusqu'en 1980, ce sont les salariés en provenance de Belgique qui étaient les plus nombreux.

En l'an 2000, la majorité des travailleurs frontaliers venaient de France, tout comme aujourd'hui, et c'est le nombre de frontaliers en provenance de Belgique et d'Allemagne qui a évolué un peu différemment: en l'an 2000, les salariés frontaliers de Belgique étaient environ 25.000 pour 15.000 salariés en provenance d'Allemagne. En 2019, ils sont à peu près le même nombre, soit environ 47.000.

Si les flux ne cessent d'augmenter en direction du Luxembourg, ce n'est pas le cas en direction de l'Allemagne. La majorité des frontaliers travaillant en Sarre et en Rhénanie-Palatinat viennent de France. Ils étaient 21.700 en l'an 2000 en Sarre à venir du territoire lorrain contre environ 15.000 en 2019. Du côté de la Rhénanie-Palatinat, leur nombre est passé de 2.000 à 1.400 salariés.

Flux en direction du Luxembourg augmente

Si les mouvements de travailleurs en Grande Région ont commencé dans l'industrie manufacturière, ce secteur n'est pas resté au Luxembourg le premier employeur de travailleurs frontaliers, contrairement à l'Allemagne. Si les flux de frontaliers ne cessent d'augmenter en direction du Luxembourg, nous constatons en 2020 que la hausse du nombre de ces travailleurs n'a pas été aussi élevée que les années précédentes et se retrouve ainsi en dessous de ce qui serait à priori nécessaire pour maintenir le taux de croissance actuel.

La crise pose des questions

Dans ce contexte, on peut également se poser la question de l'impact que va avoir la crise sanitaire sur cette mobilité transfrontalière dans les prochaines années. Parallèlement à la situation actuelle, les défis de la Grande Région d'avant crise sont toujours présents: les projections démographiques annoncent une baisse de la population active de 9% d'ici à 2050. On comprend logiquement l'enjeu pour chacun des territoires de la Grande Région de garder ses travailleurs, voire d'augmenter leur attractivité pour des travailleurs qui pourraient venir des régions et/ou pays voisins.

L'avenir pose donc plusieurs questions: quelle va être la résilience des territoires face à la crise? Dans quels domaines d'activités vont investir les territoires de la Grande Région? Comment vont-ils investir dans la main d'œuvre? Quelle conséquence va avoir le télétravail sur la mobilité des frontaliers? Quel que soient les enjeux, les réponses à ces questions devraient continuer d'être réfléchies ensemble pour assurer la cohésion grande régionale.


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